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Secours Catholique
La lettre du plaidoyer du Secours Catholique
Agir sur les causes de la pauvreté et de l’exclusion
Numéro 42 – Octobre 2017
En finir avec la pauvreté des enfants et des jeunes, nécessite une stratégie ambitieuse et des moyens.
Le président de la République a annoncé le 17 octobre dernier, journée internationale du refus de la misère, l’ouverture d’une vaste concertation pendant six mois afin de lancer une stratégie de prévention contre la pauvreté des enfants et des jeunes. Il s’agirait d’investir socialement pour que les enfants des familles pauvres ne soient pas les pauvres de demain.
Le Secours Catholique contribuera naturellement à cette concertation, mais il tient à rappeler d’une part que les enfants pauvres vivent dans des familles pauvres et d’autre part que la pauvreté concerne aussi des personnes sans enfants que l’on ne doit pas oublier.
Nos constats
La pauvreté, la précarité, l’insécurité que vivent ces enfants et ces familles ont des conséquences très graves pour leur stabilité, leur capacité à s’intégrer ou à s’épanouir, à grandir et se construire un avenir.
Aujourd’hui beaucoup d’enfants sont menacés d’insécurité affective : la précarité, une vie à l’hôtel ou dans un logement trop petit ou insalubre, ont des conséquences sur la vie de famille et sur la santé. L’angoisse des parents recherchant désespérément un emploi ou se débattant dans d’importantes difficultés financières se transmet aux enfants. Plus de la moitié des décisions de placements sont liés à la situation économique précaire de la famille.
Ils subissent le regard des autres car leurs familles sont souvent suspectées de fraudes ou d’abus voire d’assistanat. Elles sont plus contrôlées que d’autres. Dès le moindre doute, on suspend les prestations sociales. Et même quand l’erreur vient de l’organisme social, on s’acharne à les faire rembourser jusqu’au dernier centime.
Ils sont aussi nombreux à vivre dans un climat de peur et d’insécurité : peur d’être expulsés de leur logement, fut-il un bidonville, ou du territoire français car leurs parents sont en situation irrégulière notamment déboutés du droit d’asile après avoir connu l’exil. Certains connaissent la violence des expulsions à répétition, la fuite. Des milliers de jeunes mineurs non accompagnés ne sont pas pris en charge et protégés.
La vie à l’hôtel ou dans un bidonville, font que leur droit à la scolarisation n’est pas respecté en dépit de tous les engagements de la France, notamment la convention internationale des droits de l’enfant. A l’école, souvent, ils ne trouvent pas l’accompagnement scolaire et social dont ils auraient besoin, n’ont pas tous accès à la cantine.
La plupart de ces enfants sont français, nés en France ou y resteront, mais quel avenir leur prépare-t-on ? On ne les considère pas comme des enfants mais comme des pauvres ou des étrangers. On leur fait subir ce qui est reproché à leurs parents. Quels droits leur reconnait-on ? Comment ces enfants vont-ils pouvoir être confiants dans l’avenir, se former, trouver leur place, construire une famille ? Il est urgent d’investir dans leur avenir qui est celui de la société.
Quelques Chiffres :
  • 1 enfant sur 5 vit dans la pauvreté
  • 1 jeune sur 4 est au chômage.
  • 30 % des personnes vivant en bidonville sont des enfants
  • Plus de 30 % des personnes qui pourraient percevoir le RSA, ne le reçoivent pas.
Pour le Secours Catholique l’objectif doit être : plus aucun enfant vivant sous le seuil de pauvreté d’ici 10 ans.
Un tel objectif nécessite une stratégie globale d’action à 360 °, pilotée à un niveau interministériel et déclinée territorialement en y associant les personnes concernées. Elle doit comprendre des mesures pour améliorer les revenus de base, accompagner l’accès à l’emploi des parents, permettre à toutes les familles de vivre dans un logement adapté, créer les conditions d’une bonne scolarisation, faciliter l’accès des jeunes à la formation et au travail et permettre aux familles en parcours d’insertion et présentes depuis deux ans en France d’être régularisées afin de pouvoir s’intégrer le plus rapidement possible.
Stratégie ou plan, quelle que soit la formule, elle nécessitera des engagements précis, des indicateurs de réussite et des moyens financiers significatifs.
Pour le Secours catholique les priorités afin qu’il n’y ait plus un enfant vivant dans la pauvreté d’ici 2025 sont :
Assurer un revenu décent et l’effectivité de l’accès aux prestations sociales :

  • En poursuivant l’effort engagé pour diminuer le taux de non recours et simplifier, voire automatiser, l’accès aux prestations
  • En revalorisant progressivement le RSA à 850 euros dès 18 ans pour une personne seule, hors allocations familiales et APL.
Assurer à chaque enfant et sa famille un logement digne et stable

  • En donnant des moyens au plan « Logement d’abord »
  • En se donnant les moyens de faire respecter le Dalo
  • En appliquant le principe pas d’expulsion sans solution alternative
Accompagner l’accès à l’emploi des parents et des jeunes

  • En facilitant la recherche d’emploi et la gestion du temps de travail
  • En diversifiant les modes de garde
  • En généralisant la Garantie jeune
Garantir une scolarisation à tous les enfants quelle que soit leur situation et leur donner toutes les chances d’une réussite

  • En veillant à ce que chaque enfant puisse suivre une scolarité stable
  • En ouvrant les classes nécessaires là où elles manquent
  • En développant le soutien scolaire et les RASED (réseau d’aides spécialisées aux enfants en difficulté)
Sécuriser et accompagner les parcours des enfants et des jeunes isolés

  • En améliorant la prise en charge des mineurs non accompagnés (le doute doit profiter au jeune)
  • En régularisant les familles avec enfants au bout de deux ans de présence en France et en démarche d’insertion
La nouvelle stratégie de lutte contre la pauvreté qu’appelle de ses voeux le président de la République ne pourra se faire sans les personnes, notamment les familles et les jeunes qui vivent cette pauvreté : elles doivent être entendues, pouvoir contribuer, apporter leur expertise et leurs propositions : la concertation doit donc se faire avec elles.
Pour aller plus loin
Le site du Secours catholique
Matignon
Contact
Delphine Bonjour
Relations institutionnelles
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Tél : 06 32 05 30 61
dept.relationsinstitutionnelles@secours-catholique.org

Présidente et directrice de publication : Véronique Fayet
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