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Secours Catholique
La lettre du plaidoyer du Secours Catholique
Agir sur les causes de la pauvreté et de l’exclusion
Numéro 43 – Novembre 2017
Le rapport statistique 2017 du Secours Catholique démonte les préjugés à l’égard des personnes en précarité.
Chaque année le Secours Catholique-Caritas France publie son rapport statistique à partir de plus de 80 000 fiches statistiques renseignées et analysées. Il est plus particulièrement consacré cette année aux idées fausses et aux regards portés sur les personnes en précarité. A partir des chiffres mais aussi d’une enquête réalisée sur le sujet en 2017, d’un sondage et de toutes les rencontres avec les personnes accompagnées, elles sont un million et demi, le rapport tend à démontrer combien ces regards sont stigmatisants et destructeurs pour les personnes et surtout qu’ils sont exagérés ou faux. Parmi les huit préjugés dénoncés dans le rapport en voici ici quatre.
Les étrangers viennent profiter de la générosité du système social français : Faux
La majorité des étrangers vit dans une très grande précarité
Au sein des ménages rencontrés au Secours Catholique, le revenu mensuel médian des étrangers est de 139 euros : il est bien plus faible que celui des ménages français (930 euros). Une large majorité vit donc sous le seuil de très grande pauvreté. 44 % ne reçoivent aucune ressource.
Le système social français n’apparait pas particulièrement généreux avec les étrangers soit parce que sans statut légal ils n’ont qu’un accès restreint à de maigres prestations soit parce que lorsque ces droits existent la lourdeur et la complexité des procédures condamnent bon nombre d’étrangers à y renoncer.
Un grand nombre ne reçoit pas les prestations qu’ils pourraient recevoir
Le taux de non recours au RSA est particulièrement élevé : 71 % des étrangers de l’Union européenne et 48 % des étrangers hors Union Européenne (en situation régulière depuis au moins 5 ans) ne le perçoivent pas alors qu’ils pourraient y prétendre. Seuls 57 % des ménages étrangers qui ont droit aux allocations familiales en bénéficient effectivement.
Les pauvres sont des assistés et des fraudeurs : Faux
L’Observatoire des non recours aux droits et services (Odenore) estimait en 2012 que 5,3 milliards d’euros n’étaient pas versés au titre du RSA (à comparer aux 170 millions estimés alors de fraude). Le non recours à la CMUc et à l’aide à l’acquisition d’une complémentaire santé représenterait 800 millions d’euros.
Au Secours Catholique, 31 % des ménages français ou étrangers en règle avec, au moins deux enfants de moins de 20 ans à charge ne touchent pas les allocations familiales auxquelles ils ont droit. Ils sont 23 % à ne pas recevoir les prestations logement.
Quelques Chiffres :
548 euros
Niveau de vie médian des personnes accueillies
60,2 %
demandent écoute, conseil, accueil
56 %
viennent pour une aide alimentaire
Les pauvres ne savent pas gérer leur budget : Faux
Des budgets très serrés
Les revenus des ménages rencontrés, en particulier ceux des familles monoparentales ou biparentales, sont largement insuffisants pour atteindre un niveau de vie décent tel que défini par l’ONPES à travers les budgets de référence.
Le prix des biens consommés par les ménages les plus pauvres augmente fortement depuis 2010 et plus rapidement que pour le reste de la population (Insee). Ainsi les loyers, les factures d’énergies, d’eau et d’enlèvement des ordures ménagères qui représentent 20 % de la consommation des ménages les plus modestes (contre 10% de la consommation des ménages les plus aisés) ont vu leur prix fortement augmenter depuis 2010.
Les locataires et propriétaires pauvres font le choix ou de privilégier les dépenses alimentaires au risque de ne pas pouvoir payer loyers et factures énergétiques ou de faire appel à l’aide alimentaire afin de ne pas s’endetter. Malgré tous les ajustements ingénieux et nécessaires, ils ne peuvent subvenir à tous leurs besoins sans appuis.
Si on cherche du travail, on en trouve : Faux
190 000 emplois n’ont pas été pourvus en 2015 selon Pôle emploi alors que les personnes en recherche d’emploi se comptent en millions : 2, 9 millions au chômage, 1.4 million d’inactifs sont dans une situation proche du chômage…
Seulement 0.6 % des personnes rencontrées au Secours Catholique étaient en emploi aidé. Pourtant ces emplois leur sont en principe destinés : demandeurs d’emploi de longue durée, bénéficiaires des minimas sociaux, personnes de plus de 50 ans au chômage, jeunes sans qualification…
La formation professionnelle devrait être elle aussi un moyen pour les personnes les plus en difficulté d’accéder à des emplois qualifiés. Mais ils ne sont parmi les actifs accueillis que 2,2 % en 2016 à l’être et ce chiffre est en baisse depuis plusieurs années.
La solidarité commence par le regard porté sur l’autre. Lorsque ce regard se fait dur, empreint de jugements, il est une véritable violence et entraine le repli. Etre solidaires, reconstruire des relations qui n’excluent personne commence par se donner des objectifs clairs pour réduire la pauvreté sous toutes ses formes comme notre pays s’y est engagé au titre des Objectifs de développement durable. Or, le nombre de personnes sous le seuil de pauvreté a augmenté d’un million depuis la crise financière de 2008 pour atteindre 9 millions de personnes.
Pour le Secours Catholique n’exclure personne cela signifie également permettre à chacun de contribuer par son activité et son savoir à la bonne marche de notre société et à sa cohésion sociale. Les personnes en précarité doivent être présentes ou représentées dans des lieux d’élaboration des politiques publiques.
Pour aller plus loin
Le rapport statistique du Secours Catholique
Le site de l’Odenore
Contact
Delphine Bonjour
Relations institutionnelles
106 rue du Bac
75341 Paris Cedex 7
Tél : 06 32 05 30 61
dept.relationsinstitutionnelles@secours-catholique.org

Présidente et directrice de publication : Véronique Fayet
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